Bahreïn : la police disperse une nouvelle manifestation de chiites 13.01.12

Publié le par printempsdespeuples44

Plusieurs personnes ont été blessées lors de la dispersion jeudi soir d'une nouvelle manifestation à l'appel de militants chiites à Bahreïn, ont indiqué vendredi des sources proches de l'opposition.

 

Des centaines de personnes ont tenté de manifester dans Manama, mais la police les a dispersées à coups de gaz lacrymogènes, de grenades assourdissantes et de balles en caoutchouc, a indiqué à l'AFP Mohamed Maskati, président de l'Association des jeunes bahreïnis pour les droits de l'Homme (opposition). La police a également bloqué les accès à Manama, afin d'empêcher des participants à un rassemblement de l'opposition tenu à Jid Hafs, localité chiite proche de la capitale, de se joindre à la manifestation, selon l'opposition.

Un activiste, Nader Abdel Imam, a été hospitalisé après avoir été atteint au visage par une grenade assourdissante, a indiqué M. Maskati.

Selon Matar Matar, un ex-élu de la principale formation de l'opposition chiite, al-Wefaq, 13 personnes ont été blessées puis traitées dans des maisons ou des dispensaires de fortune, de peur d'être arrêtées à l'hôpital.

Le ministère bahreïni de l'Intérieur a indiqué qu'une manifestation "illégale" avait été dispersée par les forces de l'ordre, sans faire état de blessés.

Une vidéo postée par des militants sur Youtube a montré une petite manifestation réclamant la libération de prisonniers, face à des policiers qui les dispersent ensuite à coups de grenades lacrymogènes.

Un mouvement de contestation avait éclaté mi-février à Bahreïn sur fond de Printemps arabe, essentiellement mené par des chiites réclamant une véritable monarchie constitutionnelle dans le pays dirigé par une dynastie sunnite. Il a été réprimé un mois plus tard et des troupes des autres monarchies du Golfe, Arabie saoudite en tête, se sont déployées dans le royaume.

Des manifestations de moindre ampleur se poursuivent de manière ponctuelle, essentiellement dans les villages chiites. Ces dernières semaines, plusieurs rassemblements ont été dispersés et un adolescent a été tué le 31 décembre par un tir de bombe lacrymogène.

Une commission d'enquête indépendante a dénoncé en novembre un "usage excessif et injustifié de la force", faisant état de 35 morts durant la répression du mouvement de contestation. Les autorités ont annoncé leur intention de respecter les recommandations de cette commission d'enquête. Elles ont ainsi annoncé cette semaine que douze lieux de culte chiites, démolis en février-mars 2011, avaient commencé à être reconstruits.

Publié dans Bahreïn

Commenter cet article