Les forces de l'ordre de Bahreïn ont affronté jeudi soir des manifestants hostiles au gouvernement dans divers secteurs chiites du royaume, dirigé par la famille Khalifa issue de la minorité sunnite.

 

    Quatorze protestataires, dont 12 femmes, qui purgeaient une peine de prison de six mois à Bahreïn, ont été libérés sous caution dans l'attente d'une décision de la Cour de cassation, a indiqué Amnesty International (AI) dans un communiqué parvenu vendredi à l'AFP.

 

La police anti-émeutes reste déployée en masse dans les zones peuplées de chiites pour éviter des rassemblements à l'occasion du premier anniversaire du début d'un soulèvement contre le régime le 14 février 2011.

Dans le district de Sar, la police a tiré des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes pour disperser des groupes d'adolescents lançant des pierres et des cocktails Molotov. On ignore comment ces heurts ont débuté. Des habitants ont crié des slogans hostiles au gouvernement ou "Allahou Akbar" (Dieu est le plus grand) de l'intérieur de leurs logements ou sur les toits.

La police affirme avoir été la cible de jets de bombes artisanales contenant des clous.

Dans le village voisin de Bani Djamra, la police dit avoir désamorcé un engin explosif artisanal abandonné sur un terrain vague. Elle a tiré des grenades lacrymogènes dans un cimetière adjacent où s'étaient cachés des jeunes gens.

Dans un communiqué, le ministère de l'Intérieur a déclaré que deux policiers avaient été grièvement blessés mercredi soir par un jet de cocktail Molotov sur leur véhicule à Sitra. Selon des habitants, au moins 15 personnes ont ensuite été arrêtées durant la nuit.

Un médecin a établi à au moins 120 blessés le bilan de précédents affrontements survenus durant la semaine.

La majorité chiite se plaint de discriminations de la part du régime sunnite, qui a éteint par la force le mouvement de contestation en mars 2011, avec l'aide de l'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis.

Les autorités sont déterminées à empêcher les contestataires de revenir sur la place de la Perle à Manama, symbole du mouvement de l'an dernier. La police anti-émeutes et la garde nationale maintiennent un dispositif de sécurité imposant près de ce carrefour, en partie entouré de fils barbelés.

Pour la première fois depuis la levée de l'état d'urgence l'an dernier, des patrouilles de véhicules blindés ont été déployées dans des villages chiites du royaume.

 

Quatorze protestataires, dont 12 femmes, qui purgeaient une peine de prison de six mois à Bahreïn, ont été libérés sous caution dans l'attente d'une décision de la Cour de cassation, a indiqué Amnesty International (AI) dans un communiqué parvenu vendredi à l'AFP.
Les douze femmes, dont trois âgées de moins de 18 ans, et deux hommes ont été condamnés le 20 octobre à six mois de prison chacun, une peine confirmée en appel le 24 novembre, pour "rassemblement illégal", "incitation à la haine du régime", "voies de fait contre des policières" et "participation à des marches illégales", précise AI.
Leur libération a été décidée mardi par un juge, indique le communiqué.
Arrêtés le 23 septembre pour avoir tenté de marcher sur la place de la Perle, symbole de la contestation du régime déclenchée le 14 février 2011 et matée un mois plus tard, les membres du groupe attendent le verdict de la Cour de cassation lors d'une audience prévue le 23 mars, selon le communiqué.
Mardi, les forces anti-émeutes avaient violemment dispersé des manifestants chiites qui tentaient de s'approcher de la place de la Perle à Manama pour marquer le premier anniversaire de la contestation animée par des chiites, majoritaires à Bahreïn dirigé par une dynastie sunnite.
Mercredi, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé gouvernement et manifestants à "faire preuve du maximum de retenue" et à engager un dialogue "qui réponde aux aspirations légitimes de tous les Bahreïnis".

 

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" Printemps des Peuples "

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent
 
Tunisie, Algérie, Egypte, Jordanie, Yémen... L’histoire ne se répète jamais à l’identique, mais elle se répète. Et si trop de facteurs différents la déterminent entre ici et là, entre un siècle et l’autre, rendent unique chacun de ses évènements, tourments, pulsions, sursauts, bouleversements, assez d’éléments, de causes et d’effets se ressemblent, pour que l’on en tire d’utiles leçons. Aussi, pour n’être que lointaine, la parenté entre le Printemps des Peuples en 1848 et les évènements qui, partis de Tunisie, secouent aujourd’hui le monde arabe, n’en est pas moins évidente. Et les enseignements que l’on peut tirer au sud de la Méditerranée de ce qui se passa il y a 163 ans à son septentrion, sont nombreux, le premier à retenir étant que ceux qui animent les peuples ne doivent jamais relâcher l’attention et la pression. Trop facilement en effet, dès quelques satisfactions mineures (alimentaires et culturelles) obtenues, les masses inertes, égoïstes et craintives, galvanisées un instant, refluent, pour laisser aux renards occuper l’espace ouvert par les nouvelles libertés de circulation et d’alimentation dans le « poulailler » national.
 
 Giulio-Enrico Pisani

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