Bahreïn: affrontements entre des manifestants et la police 02.01.12

Publié le par printempsdespeuples44

 

Des affrontements ont opposé des manifestants chiites aux forces anti-émeutes à Bahreïn dimanche soir, lors des funérailles d'un adolescent tué, faisant au moins un blessé grave, selon l'opposition.
Les policiers ont dispersé à coups de grenades lacrymogènes et de barres de fer des jeunes qui manifestaient à Sitra et d'autres localités chiites des environs de Manama après les funérailles de Sayyed Hachem Saïd, 15 ans, tué samedi d'une bombe lacrymogène qui l'a atteint à la tête.

Un jeune homme, Hani al-Qanich, a été grièvement blessé par une grenade lacrymogène qui l'a également atteint à la tête, a indiqué lundi à l'AFP un ancien élu de l'opposition chiite, Matar Matar.
"Des dizaines de personnes ont été incommodées par les gaz lacrymogènes ou blessées, mais ont été traitées dans les maisons par des médecins volontaires, de peur d'être arrêtées à l'hôpital", a pour sa part déclaré à l'AFP Nabil Rajab, président du Centre de Bahreïn pour les droits de l'Homme (opposition).
L'agence officielle Bna a indiqué qu'après les funérailles, "un groupe de saboteurs a mené une marche illégale, bloqué les rues et lancé des pierres, des barres de fer et des cocktails Molotov en direction de la police".


Le gouvernement avait fait état d'une embuscade vendredi par des manifestants à une patrouille de police, pendant laquelle des cocktails Molotov ont été utilisés et les autorités ont annoncé dimanche l'arrestation de 11 "saboteurs" liés à cet incident.


Les chiites de Bahreïn, majoritaires parmi la population autochtone, tentent de relancer la contestation contre la dynastie sunnite commencée au printemps dernier, qui a été durement réprimée, en estimant qu'elle n'a pas accédé à leur demande d'une véritable monarchie constitutionnelle.

 

Bahreïn a annoncé lundi la création d'un comité judiciaire chargé de réexaminer les verdicts à l'encontre de participants aux manifestations de mars dernier, rendus par un tribunal semi-militaire et contre lesquels aucun appel ne peut normalement être interjeté.

 

La mise en place de ce comité répond aux recommandations d'une commission d'enquête indépendante qui avait dénoncé un "usage excessif et injustifié de la force" de la part des autorités lors de la répression à la mi-mars d'un mois de contestation, dans le sillage du Printemps arabe.

Le vice-président du Conseil suprême judiciaire, cheikh Khalifa ben Rachid Al-Khalifa, a assuré que le comité examinerait les verdicts "en vue de faire appliquer les principes internationaux d'un procès équitable, notamment le droit à un avocat et à la vérification des preuves", selon un communiqué gouvernemental.

Il va également revoir les condamnations "liées à la liberté d'expression et qui ne relèvent pas de l'incitation à la violence", affirme le communiqué.

Ces condamnations avaient été prononcées par le Tribunal de la sûreté nationale, mis en place au cours des trois mois d'état d'urgence déclaré par le roi Hamad à partir de mi-mars.

Selon la commission, 35 personnes --30 civils et cinq membres des forces de sécurité-- ont été tués, alors que les autorités parlent de 24 morts, dont 4 policiers. Cinq civils sont décédés sous la torture, selon cette commission.

Les autorités ont accepté ces conclusions et les Etats-Unis, proches alliés de Bahreïn, ont appelé à punir les auteurs de violations des droits de l'Homme.

La contestation a été le fait de chiites réclamant une véritable monarchie constitutionnelle dans ce pays gouverné depuis des siècles par la dynastie sunnite des Al-Khalifa.

Publié dans Bahreïn

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