Au moins 12 morts lors des manifestations de vendredi en Syrie 28.05.11

Publié le par printempsdespeuples44

 28/05/2011

 

9/05/2011

 

Selon des groupes des droits de l'Homme, plus de 1 000 personnes ont été tuées et quelque 10 000 arrêtées depuis le 15 mars dans la répression des manifestations./
Selon des groupes des droits de l'Homme, plus de 1 000 personnes ont été tuées et quelque 10 000 arrêtées depuis le 15 mars dans la répression des manifestations./ AFP

 Au moins douze personnes ont été tuées vendredi par les forces de sécurité syriennes qui ont dispersé les manifestations anti-régime dans plusieurs villes du pays, selon un nouveau bilan fourni samedi par l'Organisation nationale de défense des droits de l'Homme syrienne.

Quatre manifestants ont péri à Deraa (sud), un à Lattaquieh (nord-ouest), quatre dans la banlieue de Damas et trois à Homs (centre), a précisé Ammar al-Qourabi, chef de l'ONG basé à Londres et joint par l'AFP à Nicosie, en ajoutant que des dizaines de personnes avaient été blessées et d'autres arrêtées.

Les manifestations ont touché d'autres villes syriennes, dont la capitale Damas, jusqu'ici relativement épargnée par les protestations, en défi au régime qui tente depuis plus de deux mois de faire taire par la force la contestation sans précédent contre M. Assad. Les forces de sécurité ont dispersé à coups de matraque des centaines de manifestants dans le quartier de Rokneddine à Damas, a indiqué le président de la Ligue syrienne des droits de l'homme, Abdelkarim Rihaoui. À Deir ez-Zor, elles ont tiré en l'air alors que 5 000 manifestants défilaient après la prière. Et à Salaheddine, près d'Alep, elles ont battu des protestataires avec leurs matraques, selon lui. Quelque 400 personnes ont manifesté dans la région de Derbassiya, et des milliers d'autres à Qamichli et à Amouda, où réside une majorité de Kurdes, a-t-il poursuivi. Aux cris de « À bas le régime » ou « Va-t'en », en référence à M. Assad, des centaines de manifestants ont aussi défilé à Homs, un foyer de la contestation assiégé par l'armée, selon des militants. Dans la ville d'Abou Kamal, frontalière de l'Irak, cinq manifestants ont été blessés par les tirs des forces de l'ordre. Des manifestants y ont brûlé des photographies du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui avait prononcé cette semaine à Beyrouth un discours favorable à M. Assad. Des militants des droits de l'homme ont en outre fait état d'un rassemblement de plusieurs dizaines de milliers de personnes à Hama. Des manifestations se tenaient aussi à Deraa et à Daraya, selon un site Internet. Dans cette dernière ville, toujours selon le même site Internet, les forces de sécurité et la milice « Chabbiha » auraient incendié un poste de police pour justifier l'entrée des chars dans la localité


Pour cette nouvelle journée de protestations, les manifestants avaient tendu la main à l'armée restée jusque-là fidèle au régime, appelant les soldats à rallier leur mouvement. Mais aucune information n'a fait état d'un tel ralliement. Les commandants de l'armée sont en effet très loyaux au régime, la plupart, comme le président, étant issus de la communauté alaouite, une branche du chiisme.
Selon des groupes des droits de l'homme, plus de 1 000 personnes ont été tuées et quelque 10 000 arrêtées depuis le 15 mars dans la répression des manifestations. Selon les autorités syriennes, qui attribuent les troubles à des « gangs criminels armés » ou à des « groupes terroristes », 143 policiers, soldats et membres des forces de sécurité sont morts depuis cette date. Les journalistes étrangers sont interdits de circuler librement en Syrie, rendant difficile toute vérification des faits sur le terrain.
Le régime avait au départ répondu à certaines demandes de réformes en abrogeant l'état d'urgence imposé depuis près de 50 ans, mais il a continué à réprimer la contestation dans le sang. L'opposition refuse le dialogue, alors que la violence se poursuit, et réclame la libération des détenus politiques, des élections libres et l'annulation de la suprématie du parti unique Baas qui gouverne le pays d'une main de fer depuis un demi-siècle. À ce sujet, la Turquie a de nouveau appelé M. Assad à mettre en place les réformes promises. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a une nouvelle fois appelé hier au téléphone le président syrien Bachar al-Assad. Il lui a demandé de régler de manière pacifique la crise que traverse son pays, a annoncé une source gouvernementale turque. Cette conversation Erdogan-Assad est intervenue avant une grande réunion, du 1er au 3 juin, des opposants au régime syrien à Antalya, ville turque sur la Méditerranée. Ankara redoute un éclatement politique de la Syrie, qui ferait tache d'huile sur la Turquie en entraînant l'afflux sur son sol de réfugiés syriens.
Sur le plan humanitaire, le Haut-Commissariat de l'ONU aux Droits de l'homme a demandé à Damas d'autoriser la venue d'une mission pour faire la lumière sur les allégations de meurtres, alors qu'Amnesty International a dit avoir obtenu une vidéo semblant indiquer que les forces de sécurité « tirent pour tuer ». « Nous n'avons toujours pas reçu de réponse de Damas à la demande officielle d'accès que nous avons envoyée le 6 mai », a expliqué un porte-parole du Haut-Commissariat, Rupert Colville. « Il y a beaucoup d'informations contradictoires » sur ce qui se passe dans le pays, a-t-il ajouté. C'est pourquoi « nous exhortons le gouvernement à nous donner un accès aussi rapide que possible pour nous permettre de clarifier ces questions », a poursuivi M. Colville.
(Sources : rédaction et agences)

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