Arabie Saoudite : Accusé d'avoir "insulté" le Prophète, un jeune Saoudien risque la peine de mort 09.02.12

Publié le par printempsdespeuples44

olj.com | 09/02/2012

 

Arabie saoudite "Tous les grands dieux que nous adorons (…) ne sont que le fruit de notre imagination", a écrit Hamza Kashgari sur Twitter.
   

Le journaliste et blogueur saoudien Hamza Kashgari, accusé d'avoir tenu des propos blasphématoires sur Twitter, a été placé en détention à son arrivée à Ryad dimanche soir après son rapatriement de Malaisie, rapporte la presse locale lundi. Le journaliste avait fui son pays après avoir reçu des menaces de mort.

 

Il sera poursuivi en Arabie saoudite sous "l'accusation d'apostasie", a indiqué le quotidien Arab News en citant des "sources informées". Son incarcération a été rapportée par d'autres quotidiens, sans plus de détails.

 

Amnesty International et Human Rights Watch avaient appelé la Malaisie à ne pas le remettre à Ryad, "où il pourrait être exécuté" selon Amnesty.

 

Des médias saoudiens avaient déjà rapporté que le roi Abdallah a ordonné l'arrestation du jeune homme et l'ouverture d'une enquête sur cette affaire. Sur son compte Twitter, le ministre de l'Information, Abdel Aziz Khoja, a de son côté assuré que Hamza Kashgari sera désormais banni d'écrire dans les journaux et magazines saoudiens. "Quand j'ai lu ses écrits, j'ai pleuré et j'ai été furieux de savoir qu'il y a quelqu'un dans le royaume, gardien des lieux saints, qui puisse s'adresser au Prophète de cette manière offensive", affirme Khoja. Et d'ajouter : "Nous allons prendre les mesures nécessaires contre lui".

 

Dans ses tweets "blasphématoires" – publiés à l'occasion de la commémoration de la naissance du Prophète - Kashgari écrit :

"Le jour de ton anniversaire, je te retrouve en face de moi où que j'aille, J'aime beaucoup de choses en toi, mais il y a aussi beaucoup de choses que je ne comprends pas"; "Pour ton anniversaire, je ne me prosternerai pas devant toi, je n'embrasserai pas ta main. Je vais la serrer comme si tu étais mon égal. Je vais te sourire et tu me souriras aussi, je te parlerai comme si tu étais mon ami"; "Tous les grands dieux que nous adorons, cette peur que nous redoutons, ces désirs que nous attendons impatiemment, ne sont que le fruit de notre imagination"; "Aucun Saoudienne n'ira en enfer, parce qu'il est impossible de s'y rendre deux fois".

 

Le compte de Hamza sur Twitter.

 

Les tweets de @Hmzmz, qui ont déclenché un torrent de réactions haineuses sur Internet, ont été retirés de son compte quelques heures après leur publication. Plusieurs internautes n'ont pas hésité à appeler à sa condamnation à mort, l'un d'eux a même offert une récompense de 10.000 rials (2.666 dollars américains) à la personne qui l'exécuterait, selon le Wall Street Journal.

 

"Est-ce que quelqu'un peut m'envoyer l'adresse de Hamza, l'homme qui a insulté le Prophète? Il y a des lions qui l'attendent", réagit Mochari al-Kathiri sur Twitter. "Ce n'est pas à nous de décider si quelqu'un doit aller en enfer ou au paradis, mais nous ne pouvons tolérer quelqu'un qui insulte notre Prophète et nous n'accepterons pas ses excuses et justifications", écrit pour sa part Anas ben Saad el-Chadoukhi.

 

Hamza Kashgari a, quant à lui, tenté d'apaiser les esprits, mais en vain. "J'ai effacé mes anciens tweets parce que je me suis rendu compte qu'ils pouvaient être pris pour une insulte au Prophète. Je ne veux pas être mal compris, dit-il. Je jure que j'ai écrit ce que j'ai écrit par amour au Prophète, mais j'ai commis une erreur et j'espère que Dieu me pardonnera"…

 

 

Publié dans Moyen-0rient

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