Algérie : Sit-in, grève de la faim et tentative de suicide, 7 000 enseignants contractuels «en instance» 19.01.12

Publié le par printempsdespeuples44

 

Les enseignants contractuels ont tenu, hier, un sit-in devant le siège de l’annexe du ministère de l’Éducation à Alger, exigeant leur insertion professionnelle sans condition en s’appuyant sur le décret présidentiel du 28/03/2011 qui stipule leur recrutement direct dans le cadre des postes budgétaires

Hamza Ouassila, une enseignante de maths à Alger- Est, a insisté sur l’application du décret présidentiel que, selon elle, la tutelle a purement ignoré.

Un autre enseignant de la wilaya d’El Oued non seulement évoque le même décret présidentiel qui stipule l’insertion de tous les contractuels d’avant le 28/03/2011 aux postes budgétaires mais s’appuit également sur les déclarations qui ont été faites par le directeur des ressources humaines du ministère de l’Éducation, Mohamed Boukhetta qui, selon lui, a expliqué le décret présidentiel, dans une interview qu’il a accordée à la télévision nationale et repris le lendemain par les différents quotidiens nationaux.

Selon toujours ce même enseignant, Mohamed Boukhetta a indiqué dans cette fameuse interview que les contractuels qui sont spécialistes dans leur matière d’enseignement seront maintenus à leur postes, cette foi-ci, avec des postesbudgétaires.

En revanche les non spécialistes seront transférés dans des postes administratifs, faute de quoi ils seront «relégués » à d’autres secteurs si besoin y est. Les enseignants protestataires attestent que seulement 18 000 dossiers sont jusqu’à présent réglés. Selon eux, la question concerne aussi des catégories comme les réservistes et les diplômés de l’École supérieure spécialisée dans la formation d’enseignants du cycle secondaire, l’ENS, et que 7000 dossiers sont toujours en instance.

En protestation depuis 14 jours, certains d’entre eux ont entamé une grève de la faim depuis cinq jours et trois se trouvent dans un état de santé grave. D’autres encore ont même tenté de se suicider sur la grande route adjacente au siège du ministère. Ce qui à engendré la psychose et la nervosité de la plupart de ces enseignants protestataires. De son côté le directeur des ressources humaines au ministère de l’Éducation, Mohamed Boukhetta parle plutôt du recrutement direct et refuse l’emploi du mot insertion.

Ce responsable a fait savoir que l’autorisation que la tutelle a reçue de la part du Premier ministre Ahmed Ouyahia après le décret présidentiel en question, précise seulement que le recrutement direct de ces enseignants contractuels se fera, cette année, sans l’obligation de passer par un concours.

En outre, Mohamed Boukhetta s’en tient quant à lui au respect de la décision interministérielle du 16/09/2009 qui exige la spécialité pour qu’un enseignant puisse prendre ses fonctions comme telle, afin de préserver la qualité de l’enseignement et l’avenir de l’école algérienne.

Dans ce contexte, il a estimé que réglement le problème des contractuels a atteint les 90,07 % de l’opération du recrutement, en dévoilant que sur les 29732 dossiers, 26621 d’entre eux sont réglés. En revanche, ce même responsable avance que seulement 2741 dossiers sont en instance parce qu’ils ne répondent pas aux normes de spécialisation.

 

De part et d’autres on parle des postes vacants et des élèves sans enseignants, Mohamed Boukhetta a indiqué qu’il va solliciter des heures supplémentaires aux enseignants nommés afin de combler le vide pédagogique. Quant à l’option des postes administratifs, Mohamed Boukhetta a relevé que cette décision n’est pas unilatérale et concerne tous les ministères concernés. Et d’ajouter qu’il n’y aura plus de postes de contractuels à partir de cette année.

 

Fawzi Khemili

 

Malgré les assurances et les promesses qui leur ont été faites par le ministère de l’Education nationale, les élèves de classes terminales d’Alger maintiennent le mouvement de protestation entamé depuis lundi dernier.

 

Des élèves ont refusé de reprendre les cours et continuent de tenir des rassemblements devant le siège de la tutelle situé au Ruisseau. Hier, ils étaient une centaine à se regrouper devant le ministère de l’Education nationale pour exiger l’allègement des programmes. Venus de Aïn Naâdja, du Caroubier, d’El Harrach et de Rouiba, les élèves de terminale réclament toujours l’allègement des programmes scolaires. Ils revendiquent la détermination du seuil des cours sur lesquels porteront les sujets des épreuves du baccalauréat avant le 10 mai. «On demande le seuil avant le 10 mai», lit-on sur leurs banderoles.

En effet, après leur rassemblement lundi devant la direction de l’éducation d’Alger-Est, située à Belfort, ils ont tenté de rejoindre le siège du ministère de l’Education, faisant réagir les responsables du ministère. Dans un communiqué, le département de Benbouzid a tenu à rassurer quant aux conditions de déroulement des cours. Pour les lycéens, ce communiqué «n’a rien apporté de plus». Il s’agit, ajoutent-ils, «d’une photocopie du texte publié l’an passé, d’autant plus que le communiqué est daté de 2011 avec un nouveau cachet de cette année.

Ce qui confirme que le ministère ne prend pas en considération nos doléances». Selon le communiqué de l’Education, l’arrêt des cours est prévu le 10 mai. Quant au seuil des cours, il sera connu en avril prochain. Cette mesure ne semble pas satisfaire les contestataires, car ils maintiennent le mouvement de grève si leur revendication n’est pas acceptée. «Nous continuerons notre mouvement de grève jusqu’à ce que nous ayons le seuil des cours maintenant. Nous ne voulons pas attendre jusqu’au mois d’avril afin d’éviter le scénario de l’année passée.

C’est ce qui s’est passé l’an dernier avec la même promesse, mais il n’y a pas eu d’engagement du ministère sur les cours concernant les épreuves du bac», nous a confié un lycéen de Rouiba. Par ailleurs, nous avons appris que les élèves de terminale du lycée Hamia de Kouba ont été empêchés, hier, par les forces de l’ordre, de rejoindre leurs camarades qui se trouvaient devant le ministère. La police les a forcés à retourner dans leur lycée, a-t-on indiqué.

Lors de notre tournée, nous avons constaté également que des lycéens n’ont pas rejoint leurs établissements, notamment à Aïn Naâdja, Ben Aknoun et bien d’autres localités. Ils campent devant l’entrée des lycées, encadrés par des policiers.

 

Par Hadjer Titem

 

2000 TRAVAILLEURS PARALYSENT LE COMPLEXE CEVITAL DE BÉJAÏA EN CRIANT À LA HOGRA

 

Le complexe privé Cevital a été paralysé par un mouvement de grève sans précédent hier matin. Les raisons de ce débrayage, par ailleurs pressenti, sont nombreuses: discrimination salariale, injustice sociale, inégalités, manque d'hygiène et de sécurité, conditions de travail lamentables, surexploitation, sous-paiement, harcèlement moral, répression administrative, sont autant de griefs retenus contre le groupe Cevital par les grévistes qui se sont révoltés pour la première fois par un mouvement de protestation spontané. Ils étaient près de 2000 employés à débrayer depuis hier matin et lancent une grève illimitée.
Leurs exigences ont le mérite d'être claires et surtout simples: ils veulent une grille des salaires conforme aux normes régissant le monde du travail en matière de rémunération appliquée dans le secteur économique. Par ailleurs, ils revendiquent l'amélioration des conditions de travail conformément aux lois régissant le monde du travail en Algérie et aux normes de travail internationales. Ils demandent ainsi un alignement dans le cadre d'une nouvelle grille des salaires récemment entrée en vigueur chez le plus grand producteur national d'huiles et de sucres. En signe de protestation, ils se sont rassemblés dans l'enceinte principale à l'entrée de l'usine située à l'arrière-port. Engagés et déterminés, les travailleurs exigent la présence du patron de ce complexe en l'occurrence, Issad Rebrab pour des négociations directes.
Outre cette condition sans laquelle le travail ne reprendra pas, les protestataires exigent que les engagements du patron de Cevital soient consignés dans un procès-verbal. Cette grève est une première depuis le lancement de cette usine. Comme un seul homme, les salariés se sont levés pour dire «non à l'ordre établi». Hier, les travailleurs de Cevital ont vidé leurs sacs en nous voyant présents à leur piquet de grève: «Rapportez la vérité, vous les journalistes», exhorte un employé. «Dites aux Algériens que nous sommes dans un véritable Guantanamo à l'intérieur de l'usine», crie un autre, la voix enrouée. «Nous avons souffert le martyre durant des années. L'injustice qui règne chez nous est inqualifiable sur tous les plans», se plaint son ami à côté de lui. Et les langues se délient, les voix se libèrent pour lever le voile sur un autre monde du travail dans l'Algérie de 2012 «Nous sommes surexploités et sous-payés contrairement à ce qui se dit du groupe», lance un groupe de travailleurs surexcités ajoutant qu'ils sont «les véritables producteurs de la richesse du groupe Cevital mais malheureusement nous n'avons pas été récompensés à notre juste valeur».
Dans le cours de la discussion, ils nous ont appris qu' «entre un cadre moyen et le travailleur de base c'est l'écart entre le ciel et la terre en matière de salaire et autres avantages».
Aussi, les travailleurs demandent-ils un alignement dans le cadre d'une nouvelle grille des salaires récemment entrée en vigueur chez le plus grand producteur national d'huiles et de sucres. Il ne nous a pas été facile de nous détacher de ces centaines de travailleurs que nous avons rencontrés dans l'enceinte de l'usine malgré l'interdiction brandie à notre égard par les services de sécurité. Les travailleurs, qui se sont sentis libérés d'un joug, ont abordé avec nous tous les domaines liés aux conditions de travail en matière d'application de la loi, d'hygiène et de sécurité au travail, et autres entraves liées à l'organisation des travailleurs en syndicat. «Toute personne susceptible de porter la contestation ou de dénoncer les conditions lamentables de travail est vite repérée et remerciée illico-presto», nous confie un autre travailleur avant de nous confirmer qu'il y a une sorte d'enquête préalable selon laquelle «vous avez très peu de chances d'être recruté si vous avez été syndicaliste dans une autre entreprise».
Pourquoi Cevital, qui se présente comme le fleuron de l'industrie agroalimentaire, ne tolère-t-il pas l'installation d'un syndicat? Pourtant, à quelques encablures, Ifri, un autre fleuron de l'eau minérale et des boissons gazeuses a toléré de la manière la plus juste et réglementaire la création et l'activité syndicale sans parler des avantages qu'il accorde à ses travailleurs.
Par ailleurs, les contestataires n'ont pas omis d'avoir une pensée pour leur camarade décédé sur les lieux de travail et oubliée aujourd'hui par la direction. «Une minute de silence par toute l'usine a été observée suite à la mort d'un étranger, mais les nôtres, plus nombreux, ont été enterrés seuls dans l'anonymat total sans parler d'autres accidents de travail dont seules les victimes connaissent les déboires», regrettent les travailleurs que nous avons rencontrés.
Par ailleurs, une éventuelle aggravation du conflit ne manquera pas de perturber sérieusement le marché national en matière d'huile de table et de sucre raffiné dont Cevital détient 80% des parts du marché national. La situation de monopole risque d'engendrer de très graves problèmes pour le pays.

 

 

Publié dans Algérie

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offre recrutement algérie 09/10/2012 16:33

Un grand merci pour cet article

demande emploi algérie 03/10/2012 14:31

Très bon blog et merci d'en faire profiter.

Emploi algérie 02/10/2012 14:59

Bonjours et merci pour cet article