SOS Disparus et le Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA) ont tenu, hier, un rassemblement pacifique sur la place du 1er Mai, au centre d’Alger. 

Enlevés pour la plupart depuis plus d’une quinzaine d’années, le sort des disparus n’a pas encore été révélé à l’opinion. Morts, pas morts ou emprisonnés ? Personne ne le sait. Une chose est sûre : seul l’Etat algérien peut fournir la réponse. A ce jour, aucune enquête judiciaire n’a été ouverte pour faire la lumière sur ce dossier, qui est certainement l’une des taches noires de l’histoire de notre pays. Les mères, pères, frères et sœurs des disparus n’ont pas fait, à ce jour, leur deuil.

Pis, ils quittent même ce monde sans connaître le sort de leurs enfants. C’est le cas de deux mères de disparus décédées récemment le cœur en peine. Lors du sit-in, un cordon de sécurité des unités républicaines de sécurité (URS) encerclait les mamans de disparus. Il est heureux qu’en ce 1er novembre, aucun incident n’ait été signalé. De 10h à 12h30, le rassemblement s’est bien déroulé. Mais les riverains, comme d’habitude, n’y prêtaient aucune attention. Une indifférence énigmatique. En se donnant rendez-vous sur la place du 1er Mai et en ce 57e anniversaire du déclenchement de la Révolution nationale, les familles de disparus voulaient lancer un message fort : les victimes sont algériennes et leurs proches ont besoin de connaître la vérité.


Dans un communiqué rendu public, SOS Disparus indique qu’«il y a 57 ans, les aspirations des Algériens à la liberté et l’égalité les conduisaient à mener une révolution. Aujourd’hui, les familles de disparus demandent à ce qu’on se souvienne des aspirations qui avaient guidé cette révolution et qu’une lutte soit engagée pour l’établissement d’une véritable démocratie en Algérie». Pour Hacène Ferhati, membre de SOS Disparus, l’objectif est clair : «Nous voulons interpeller la société civile et surtout les pouvoirs publics pour connaître le sort de nos proches enlevés durant les années de terreur.»

Dans le communiqué, on peut également lire : «Les familles revendiquent la vérité sur les circonstances de la disparition de leurs proches. Les familles de disparu(e)s sont déterminées à se faire entendre pour que la lumière soit faite sur le sort de toutes les personnes disparues en Algérie et que les auteurs des violations graves et massives des droits de l’homme aient à répondre de leurs crimes.»
Enfin, une délégation de l’Union européenne s’entretiendra aujourd’hui avec les familles des disparus à El Biar, annonce-t-on.

Mehdi B.
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" Printemps des Peuples "

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent
 
Tunisie, Algérie, Egypte, Jordanie, Yémen... L’histoire ne se répète jamais à l’identique, mais elle se répète. Et si trop de facteurs différents la déterminent entre ici et là, entre un siècle et l’autre, rendent unique chacun de ses évènements, tourments, pulsions, sursauts, bouleversements, assez d’éléments, de causes et d’effets se ressemblent, pour que l’on en tire d’utiles leçons. Aussi, pour n’être que lointaine, la parenté entre le Printemps des Peuples en 1848 et les évènements qui, partis de Tunisie, secouent aujourd’hui le monde arabe, n’en est pas moins évidente. Et les enseignements que l’on peut tirer au sud de la Méditerranée de ce qui se passa il y a 163 ans à son septentrion, sont nombreux, le premier à retenir étant que ceux qui animent les peuples ne doivent jamais relâcher l’attention et la pression. Trop facilement en effet, dès quelques satisfactions mineures (alimentaires et culturelles) obtenues, les masses inertes, égoïstes et craintives, galvanisées un instant, refluent, pour laisser aux renards occuper l’espace ouvert par les nouvelles libertés de circulation et d’alimentation dans le « poulailler » national.
 
 Giulio-Enrico Pisani

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