Algérie : mouvements de protestation dans l'éducation nationale, la santé, à Air Algérie et à l'APS 04.01.12

Publié le par printempsdespeuples44

 Santé publique,Les praticiens décidés à renouer avec la protesta

 

Le secteur de la santé pourrait enregistrer encore une fois d’autres mouvements de protestation. Les praticiens de la santé publique se disent déçus et outrés de voir que les choses n’ont pas avancé d’un iota depuis plus d’une année, et ce malgré les engagements du ministre de la Santé, M. Djamel Ould-Abbès.

 

Ces derniers menacent de recourir au mouvement de protestation si la situation persiste, a affirmé le Dr Lyès Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP). Joint hier par téléphone, M. Merabet a indiqué que «la base est très déçue sur l’état d’avancement de ses revendications». Il a annoncé dans la foulée qu’un conseil national du SNPSP devrait se tenir les 11 et 12 janvier à Constantine pour discuter de cette situation. M. Merabet a indiqué : «Lors des travaux de ce conseil, nous examinerons toutes les éventualités, y compris celle du retour à la protestation.»

Outre l’état d’avancement des revendications des praticiens de la santé publique, le conseil national se penchera sur le projet d’amendement du statut particulier des praticiens de la santé publique qui, selon M. Merabet, «ne répond pas à nos attentes». «Depuis le protocole d’accord signé avec le ministère de la Santé portant projet d’amendement du statut, nous n’avons rien vu venir. Le ministère se contente, depuis, de nous dire que le dossier est au niveau de la Fonction publique», a ajouté le Dr Merabet. «Le ministre de la Santé a reçu des garanties de la part du premier magistrat du pays pour régler les problèmes du personnel de la santé, et malgré cela, on continue à nous dire que le dossier est toujours au niveau de la Fonction publique. On ne comprend rien du tout !», s’est exclamé M. Merabet.

Le deuxième point inscrit à l’ordre du jour de cette rencontre concerne l’application de l’actuel statut particulier, notamment dans ses articles 19 et 27, relatifs à l’accès aux grades supérieurs. A ce sujet, le Dr Merabet a indiqué qu’«à ce jour, ces articles ne sont pas mis en application».

L’article 19 concerne l’accès du praticien au 2e grade (sur les 3 prévus) après dix années d’expérience.

«En mai dernier, le ministre de la Santé s’est engagé publiquement à l’appliquer avant la fin de juin 2011, mais jusqu’à maintenant, rien n’a été fait», a déploré le Dr Merabet. L’article 27, pour sa part concerne la création de postes budgétaires pour l’accès au 3e grade. A ce propos, le syndicaliste s’interroge sur le fait que «le ministère de la Santé n’a proposé aucune modalité de concours ni permis aux praticiens d’y accéder».

S’agissant des primes, notamment celles de garde et de risque de contagion, notre source révèle que «les augmentations annoncées par le ministre de la Santé en mai dernier ne sont pas encore appliquées, malgré l’engagement public du ministre à les prendre en charge avant la fin de l’année 2011». Mohammed Zerrouki

 

Éducation nationale : les corps communs en sit-in devant les directions de wilaya

 

Comme prévu, les corps communs, les ouvriers professionnels et les agents de sécurité du secteur de  l’Education nationale observent ce mercredi 4 janvier des rassemblements devant les directions de l’Education Nationale des différentes wilayas.

Ces sit-in sont au programme de la seconde journée de grève entamée mardi à l’appel de l’Union national des personnels de l’éducation et de la formation (Unpef).

Il est à noter que, selon le syndicat, le premier jour de la grève a connu un important suivi avec un taux atteignant 82% dans certaines wilayas.

Cette catégorie professionnelle qui se dit déjà lésée déplore le fait que le régime indemnitaire des travailleurs du secteur de l’éducation soit révisé et leur grille de salaire revalorisée alors que les corps communs demeurent toujours sous payés, et leur régime indemnitaire non révisé.

 

Les pilotes d’Air Algérie entrent en protestation

Par : Malika Ben

La fronde est menée par de nombreux jeunes pilotes qui estiment être lésés dans le traitement qu’on leur réserve au sein de la compagnie nationale.

Les pilotes d’Air Algérie ont décidé d’entamer à partir de ce matin (5h30) un mouvement de protestation sur leurs conditions de travail et leur statut au sein de la compagnie. C’est à l’issue d’une réunion du bureau national du SPLA que cette décision a été prise, sans préavis, à l’initiative d’une base qui se sent déconsidérée. Cette fronde est menée par de nombreux jeunes pilotes qui estiment être lésés dans le traitement qu’on leur accorde au sein de la compagnie nationale notamment à travers les injonctions répétées des pouvoirs publics et l’indiscipline des PNC qui est mis en accusation. “Ce n’est pas qu’une question de salaires ou d’avantages sociaux. Les pilotes veulent avertir sur un sentiment d’injustice qui grandit au sein des pilotes et sur les injonctions de plusieurs parties dans les affaires d’Air Algérie”.
Un sentiment qui s’est traduit ces dernières semaines par de nombreux incidents qui ont pénalisé l’autorité des pilotes comme l’affaire de la fille d’un ambassadeur qui ne voulait pas se confirmer à des consignes de sécurité et qui a valu des réprimandes au commandant de bord ou encore l’affaire de Constantine lorsqu’un autre commandant de bord a rappelé à des policiers les consignes de sécurité pour le port d’armes à bord et qui s’est fait rabrouer par les responsables de la PAF. Ces incidents s’ajoutent à une sorte de guerre froide qui s’est installée entre des PNC qui ont tendance à se croire maîtres à bord. “On est arrivé à ne pas savoir quel est notre statut, ni connaître réellement nos prérogatives. En Algérie, le patron de l’avion n’est pas le pilote qui doit être l’unique responsable des décisions car on a constaté plusieurs contre-décisions qui sapent son commandement et son autorité légale”, indique un cadre du SPLA. Cependant, ce mouvement de protestation, légitime au demeurant, car il évoque des problèmes de fond et de sécurité, tombe assez mal alors qu’Air Algérie a entamé un redressement visible sous la direction du P-DG Bouletif surtout en termes de management et du contrat de performance et de ponctualité passé avec le passager algérien. Mais malgré cela, la direction semble être attentive aux revendications des pilotes et a déjà ouvert un canal de dialogue avec le syndicat afin d’étudier les 5 points de revendication et sur lesquels une réunion est prévue cet après-midi. “C’est d’abord un souci de discipline qui va être réglé. Pour nous, il n’y a pas de deux poids deux mesures. Le seul maître à bord, c’est le pilote. Des discussions seront entamées sur les points demandés par les pilotes”, indique un haut responsable d’Air Algérie qui espère que ce mouvement de protestation ne durera pas dans le temps surtout que “la compagnie commence à se stabiliser et améliorer la ponctualité”.
Ainsi, depuis le mouvement du 24 février 2011, les pilotes d’Air Algérie avaient décidé de mettre en sourdine leurs revendications, privilégiant l’intérêt de la compagnie et ne versant pas dans la surenchère du syndicat PNC qui avait lancé une grève générale qui avait mis à mal l’image du pavillon national. Une position respectable qui n’a pas eu l’écho espéré puisque ce mouvement de protestation n’est pas dirigé contre l’actuelle direction mais contre les interférences extérieures à la compagnie et les passe-droits de certains responsables qui se mêlent de trop près de la gestion interne à la compagnie.

 

ALGÉRIE PRESSE SERVICE (APS)Les travailleurs font grève

 

Les travailleurs de l'APS (Algérie Presse Service) ont entamé, dès hier matin, une grève ouverte. Cette action de protestation est «spontanée» car elle n'est parrainée par aucun syndicat, affirment les protestataires qui brandissent des revendications d'ordre salarial.
Les techniciens, ingénieurs, agents de sécurité, chauffeurs, documentalistes, et autre personnel administratif, ont observé, hier, un rassemblement devant le siège de l'entreprise à Alger. Ils crient à la «hogra» et pointent du doigt une grille des salaires discriminatoire. Ils dénoncent le laminage de leur pouvoir d'achat et leur relégation par la nouvelle grille au «rang de catégorie d'exclus». «La hausse des salaires telle que prévue par la nouvelle grille concerne exclusivement les journalistes et exclut de manière scandaleuse le reste des travailleurs de l'APS!» s'insurge un collectif de salariés composé de près de 160 personnes et qui ne se réclament d'aucun syndicat.
Ils se disent victimes d'une injustice et dénoncent cette situation inédite qui fait apparaître «deux grilles des salaires dans une même entreprise!» Nous n'avons confiance ni en les mesures actuelles ni en les promesses que l'on nous fait miroiter! poursuivent ces hommes et ces femmes en colère. «La grille des salaires et les augmentations doivent toucher tout le monde sans exception!», scandent-ils encore en avertissant que d'autres gros médias du secteur public risquent de connaître le même malaise. Ce groupe de travailleurs crie à la manipulation et affirme que le syndicat des journalistes de l'APS ne le représente pas. La nouvelle grille en question qui n'est pas encore validée, crée ainsi une vive tension à l'APS. Les documentalistes par exemple se disent lésés par cette dernière et rappellent que leur métier est intimement lié à celui des journalistes: «L'on ne peut imaginer un service de presse qui ne soit relié à un service de documentation», signalent-ils en renchérissant que la nouvelle grille consacre «l'apartheid» au sein de leur entreprise. D'autres intervenants rebondissent sur d'autres éléments comme la suppression de la PRI depuis 2008. En attendant, la catégorie en colère de l'APS se désigne comme «des laissés-pour-compte, des marginalisés, les oubliés de la communication».


 

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