Algérie : Les lycéens prévoient d’investir la rue aujourd’hui à Alger 17.01.12

Publié le par printempsdespeuples44

Des centaines d’élèves des classes terminales venus de plusieurs lycées d’Alger Est (El Harrach, Bab-Ezzouar, Dar El-Beïda, Kouba) ont observé un méga sit-in hier devant la direction de l’Education nationale à Belfort (Alger) pour exiger l’allègement des programmes et la limitation des cours programmés aux épreuves du baccalauréat. Une délégation d’une dizaine de contestataires représentant les différents établissements scolaires a été reçue par M. Mohamed-Salah Ouar, secrétaire général à la direction de l’éducation.

 

Après des discussions «non fructueuses» qui ont duré près de deux heures, les élèves sont ressortis plus déterminés que jamais à poursuivre la contestation.

Les candidats au baccalauréat de plus de 8 lycées de la capitale des communes de Bab Ezzouar, d’El Harrach et de Kouba ont finalement décidé de maintenir le mot d’ordre de grève d’une semaine entamée depuis hier et organiser une marche aujourd’hui. Cette dernière s’ébranlera à partir de Belfort (El-Harrach) pour prendre fin devant l’annexe du ministère de l’Education nationale à Oued Kniss, où un rassemblement sera organisé.

«Il (le SG) nous a promis de proposer notre plate-forme de revendications au ministre, mais il a d’ores et déjà répondu par la négative», dénonce Yacine, un représentant du lycée Hadjras. Il ajoute : «Il y a une surcharge des cours et les professeurs sont obligés d’adopter un rythme accéléré pour terminer le programme avant la fin de l’année.

On n’arrive plus à suivre», regrette notre interlocuteur. Faïza, élève du lycée Abane-Ramdane de Belfort, affirme que «les horaires sont trop chargés et les élèves qui habitent loin arrivent souvent très tard à la maison (19h ou plus), sans parler des classes délabrées ou non chauffées de certains établissements de la capitale».

Selon elle, les conditions de scolarité ne sont pas réunies et ils travaillent sous pression. «Nous exigeons la diminution des horaires des matières secondaires afin de nous permettre de faire plus d’exercices et de revenir sur certains cours importants nécessitant plus d’explications», dit Sofiane, un élève du lycée de Bab Ezzouar. «Avec toute cette surcharge, la date du bac est avancée de 9 jours, le 3 juin au lieu du 11».

Concertation via facebook

«L’arrêt des cours est fixé au 11 mai, mais le bac blanc est programmé durant la période consacrée à la révision», dénonce encore Sofiane. Les élèves se sont donné le mot via le réseau social facebook pour initier un mouvement de protestation, faire pression sur la tutelle et exiger une prise en charge de leurs revendications qu’ils estiment légitimes. Interrogé par Le Temps d’Algérie, le secrétaire général de la direction de l’éducation,

M.Ouar, a souligné que la contestation des candidats au bac qui revient chaque année est justifiée par la peur. «Les élèves ont besoin d’un soutien moral pour être rassurés. C’est ce que j’ai essayé de faire avec les représentants des contestataires avec qui je me suis entretenu durant plus de deux heures.

Les modalités des précédentes sessions seront appliquées cette année. Leurs revendications seront transmises au ministère, mais ils ont déjà eu la réponse», a-t-il déclaré, expliquant que le programme est le même que celui adopté durant les années précédentes et que le fait d’avancer l’examen de 9 jours ne changera pas grand-chose.

«La préparation au bac se fait durant toute l’année. Nos établissements sont ouverts jusqu’à une heure tardive de la journée pour que les élèves s’organisent pour réviser».

 

A rappeler que l’arrêt des cours est programmé pour le 11 mai et que le début des épreuves du baccalauréat est fixé au 3 juin. Les syndicats de l’éducation nationale s’accordent à dire que les élèves ont pris l’habitude d’entrer dans un mouvement de grève à chaque approche de l’épreuve du bac. Ils appellent ainsi à une réforme profonde pour trouver une solution définitive aux problèmes soulevés.

 

S. A.

 

Oran au rythme des protestations

Par : D. LOUKIL

Depuis plusieurs jours, Oran semble vivre au rythme des regroupements qui perturbent la circulation et mobilisent les forces de police. En effet, ces derniers jours, les automobilistes circulant au centre-ville tombent très souvent sur des protestataires qui occupent les accès aux différentes institutions publiques.

Ainsi, depuis la remise des pré-affectations à des demandeurs de logement, il y a un peu plus d’une semaine, des centaines de familles mal logées contestent ces attributions et revendiquent des commissions d’enquête et de recours.
Des centaines d’hommes et de femmes se retrouvent ainsi, chaque jour, prenant d’assaut les secteurs urbains, à El-Hamri, à Sidi El-Houari ou encore devant le siège de la wilaya et de la daïra. Les risques de débordement ont été maîtrisés aussi bien par des agents des forces de l’ordre que par des représentants des quartiers ayant su faire preuve de retenue. Les responsables des secteurs urbains ont quasiment déserté leur bureau ou s’y enferment, craignant tout simplement de faire face aux protestataires. Par ailleurs, les élèves de terminale d’une dizaine de lycées d’Oran sont entrés en grève depuis une semaine.
Si certains de ces jeunes ont choisi la formule d’un arrêt des cours tout en restant à l’intérieur de leurs établissements, d’autres, près d’une centaine, ont fait le choix de se regrouper bruyamment, mais gentiment, devant le siège de la direction de l’éducation, chaque matin. Ainsi, si les automobilistes arrivent à “passer” devant le regroupement des demandeurs de logement, ils tombent quelques mètres plus loin sur celui des lycéens.
Ces derniers dénoncent, comme par le passé, la surcharge des programmes, l’accélération des cours et les conditions d’enseignement.
À la périphérie d’Oran, ce sont quasiment les mêmes revendications qui ont poussé, cette fois-ci, les étudiants de l’Igcmo à observer également des rassemblements à l’intérieur de leur campus et une grève des cours.
Là aussi, depuis plusieurs jours, ces étudiants qui menacent de bloquer l’accès aux amphis entendent dénoncer les conditions d’études, la dégradation des locaux et surtout faire part de leur angoisse face à la question des équivalences de leurs diplômes avec le passage de l’ancien système à celui du LMD.

 
Le front social en ébullition: La contestation s’étend à plusieurs régions du pays

 

Emeutes, blocage de voies de circulation, affrontements plus au moins violents ainsi que des actions de saccages de biens publics et privés, ces éléments de contestation auquel ont recours beaucoup de citoyens pour faire valoir leurs doléances reprennent de plus belle depuis quelque temps.

On assiste en effet depuis quelques jours à une succession de manifestations dans différentes régions du pays dans le sillage desquelles des centaines, voire des milliers de personnes dénoncent leur exclusion des programmes de relogement et réclament une amélioration de leurs conditions de vie.

Cela ne concerne pas uniquement les villes de l’intérieur du pays comme tel était le cas la semaine écoulée à Laghouat où les manifestants ont exigé le départ du wali, mais également des grandes villes algériennes, à l’exemple d’Oran et d’Alger.

VIVE TENSION À BARAKI

Baraki, localité algéroise située au sud de la capitale, a vécu dans la nuit de dimanche à lundi des moments de vive tension. Des émeutes ont éclaté. A l’origine de celles-ci, le relogement.

Des dizaines de manifestants qui ont déjà protesté mercredi dernier contre la suppression de l’opération de relogement sont revenus à la charge dans la soirée de ce dimanche. De violents affrontements ont eu lieu entre les émeutiers et les services de sécurité, indique-t-on.

Un dépôt de marchandises a été saccagé puis incendié, ont ajouté nos sources. Celles-ci expliquent qu’une délégation des protestataires a été reçue dans la journée de dimanche par le wali délégué de Baraki.

Ce dernier, témoigne-t-on, n’a pas réussi, semble-t-il, à convaincre les membres de la délégation du fait que l’annulation de l’opération de relogement ne relève pas de son ressort mais plutôt des services de la wilaya d’Alger.

C’est pourquoi les citoyens de Baraki vraisemblablement mécontents de la réponse formulée par le wali délégué ont décidé d’investir la rue dans la soirée. A rappeler que la localité de Baraki n’est pas la seule à vivre ce genre de situation au niveau de la capitale. Les mêmes scènes d’émeutes ont été signalées dans la localité de Douéra dans la matinée de dimanche dernier, a-t-on appris de sources locales. A l’origine de ces protestations, la question de l’accès au logement.

LA PROTESTATION À L’OUEST ET AU CENTRE DU PAYS

Le problème du logement a également provoqué en ce début de semaine des moments de tension à Oran, capitale de l’ouest algérien, où des citoyens mal logés ont investi la rue, croyant sans doute qu’en agissant de la sorte, c’est la meilleure manière d’attirer l’attention des autorités pour prendre en charge leurs doléances.

D’autre part, on apprendra que des citoyens de Bouira sont sortis hier dans la rue également pour réclamer des logements décents auprès des autorités ainsi qu’une amélioration dans les conditions de leur vécu social.

Il est noté qu’à propos des dysfonctionnements désormais avérés dans les opérations d’octroi de logements, Nourredine Moussa, ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme, qui réunissait ce dimanche les cadres de son secteur, a responsabilisé les assemblées locales comme étant à l’origine des mécontentements exprimés par les demandeurs de logement.

 

K. A

 

 
Demande de logements, dénonciation de conditions de mal-vie ou d’exclusion, déficit criant en termes de communication entre gouvernants et gouvernés, ce sont là quelques-uns des ingrédients qui enflamment de nouveau plusieurs régions du pays.

 

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