Algérie : Les députés renforcent l’interdiction d’un retour du FIS 07.12.11

Publié le par printempsdespeuples44

Les députés ont adopté à la majorité absolue, ce mardi 6 décembre, la loi organique sur les partis politiques. Sur 389 parlementaires, dans une APN dominée par le FLN (136 députés) et le RND d’Ahmed Ouyahia, 287 ont participé au vote. 165 propositions d’amendement ont été formulées par les députés. Au total, la loi comporte 89 articles relatifs aux conditions, aux modalités de création, à l’organisation et au fonctionnement des partis politiques.
 
La principale disposition de ce texte, déjà très largement commentée, vise à empêcher tout retour au pouvoir de l’ex‑FIS. Les députés ont ainsi approuvé l’article 4 portant sur « l’interdiction à toute personne responsable de l’exploitation de la religion ayant conduit à la tragédie nationale de fonder un parti politique ou de participer à sa création ». Dans un contexte régional troublé, où l’arrivée au pouvoir d’Ennahda en Tunisie, du PJD (Parti de la justice et du développement) au Maroc et de trois partis islamistes en Égypte (les Frères musulmans, les salafistes d’Al‑Nour et les modérés du Wassat remportent au total 65,25 % des suffrages au premier tour des législatives), les regards se tournent vers l’Algérie, où les élections législatives sont prévues pour le début de l’année 2012. Aujourd’hui même, Abassi Madani a déjà annoncé son intention de contester la nouvelle loi auprès d’institutions internationales. Le chef historique du FIS dissous estime qu’elle viole « les conventions internationales sur les droits politiques et civiques », a‑t‑il publié dans un communiqué depuis son exil à Doha.
 
À Alger aussi, les islamistes commencent à donner de la voix. Dans un entretien à TSA, Abdellah Djaballah estime que « le courant islamiste a toutes ses chances d’arriver au pouvoir en Algérie ». Son parti, le Front pour la justice et le développement (FJD) se dit prêt à accueillir des militants de l’ex‑FIS. Et le Mouvement de la société pour la paix (MSP) de Bouguera Soltani a appelé les islamistes à « s’allier » en vue des prochaines élections. « Nous sommes en devoir, nous islamistes algériens, d’être à la hauteur des attentes de notre société qui veut être gouvernée par les islamistes », a‑t‑il déclaré lors d’un rassemblement pré‑électoral dans la wilaya de Bordj Bou Arreridj, à l’est d’Alger.
 
De leur côté, les autorités tentent de serrer les vis. Les députés ont ainsi également approuvé un amendement renforçant l’article 4 et élargissant l’interdiction de créer un parti à toute personne ayant « participé à des actes terroristes et refusant de reconnaître sa responsabilité dans la conception, la préconisation et l’exécution d’une politique prônant la violence contre les institutions de l’État ». Un amendement qui vise à rassurer, bien que le ministre de l’intérieur, Dahou Ould Kablia, entretenait toujours le flou fin novembre autour de l’adhésion de « repentis » à des partis politiques. Une question qui serait examinée « au cas par cas », selon lui.
 
Avec l’adoption de cette nouvelle loi, la création de nouveaux partis politiques est d’ailleurs dorénavant soumise à l’aval du ministère de l’Intérieur. Les députés ont refusé de réduire à 30 jours le délai de 60 jours fixé dans le projet de loi pour permettre au ministre de l’Intérieur de se prononcer sur la conformité de la déclaration de constitution d’une nouvelle formation. Actuellement une dizaine de formations réclament leur autorisation. Elles attendaient de pied ferme l’adoption de la loi.
 Ainsi, après l’arrivée au pouvoir d’Ennahda en Tunisie, du PJD au Maroc et de trois partis islamistes en Égypte (les Frères musulmans, les salafistes d’Al‑Nour et les modérés du Wassat remportent au total 65,25 % des suffrages au premier tour des législatives), les regards se tournent vers l'Algérie qui avait déjà annulé la victoire du FIS et continue à interdire son retour sur la scène politique.

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