Oran : 70 travailleurs tentent de se suicider

 

70 travailleurs de l’ex-entreprise publique SOGEDIA, unité de Senia, se sont couchés aujourd’hui l’un à côté de l’autre sur la voie ferrée, prenant ainsi le risque de se faire écraser par le premier train de passage.

Il aura fallu l’intervention rapide de la gendarmerie et des services de la protection civile pour les convaincre de renoncer à leur projet suicidaire. Pourquoi ces ouvriers tous des pères de famille en sont arrivés à cette mesure extrême? A cause de l’attitude obstinée de leur direction qui a refusé la régularisation des quatre dernières mensualités, selon des sources interrogées par AlgériePlus.

Les 70 ouvriers entendaient aussi à travers cette tentative de suicide contester ” la privatisation aveugle et irréfléchie ” de leur entreprise intervenue en 2005. Déjà trois ouvriers de la même unité avaient donné l’alerte mardi en tentant de s’immoler par le feu après qu’ils se soient aspergés le corps d’essence. Ils ont été sauvés in extremis par la gendarmerie.

 

Deux employés, âgés de 50 et 51 ans, travaillant à l’unité de l’ENCG (ex-Sogedia) d’Es-Senia, ont tenté, lundi, de s’immoler. Par ce geste désespéré, ils voulaient en fait protester contre le silence opposé par les autorités locales à leurs revendications. Alertés, les éléments de la sûreté de la daïra d’Es-Senia, des gendarmes et des éléments de la protection civile se sont dépêchés sur les lieux. Aussitôt arrivés, les gendarmes ont évacué les travailleurs de l’unité et ont suspendu la circulation au niveau des axes routiers mitoyens, sachant que les employés ont également bloqué la route avec les pneus et dénoncé leur situation précaire depuis la privatisation de l’entreprise en 2005.

A ce propos, il faut noter que 80% des parts de la société ont été cédées à un opérateur privé. Après deux heures de pourparlers, les deux employés ont été dissuadés d’aller jusqu’au bout de leur acte fatal ; ils ont aussitôt été évacués par une ambulance vers les urgences médicochirurgicales du CHUO pour y recevoir des soins.

Mais le problème de cette unité reste entier. Ainsi, les 115 employés ont menacé de recourir à un suicide collectif jeudi prochain si leurs revendications ne sont pas satisfaites, sachant que ces employés n’ont pas encaissé leurs salaires depuis quatre mois. Les employés ont menacé de ramener leurs familles jeudi pour bloquer la route au niveau du barrage ferroviaire afin de suspendre l’activité ferroviaire pour attirer l’attention des hautes autorités politiques du pays. Pour rappel, cette unité vit depuis une semaine un mouvement de contestation.

Medjadji H.

 

Skikda: Sit-in de travailleurs à la raffinerie

par A. Boudrouma

Le sit-in de protestation observé par une centaine de travailleurs de la raffinerie, dans la journée de lundi dernier, s'est poursuivi hier où le mouvement s'est élargi à plus de 300 travailleurs parmi lesquels certains en«récupération».
Ces derniers se sont joints aux frondeurs pour grossir leur rang en signe de solidarité avec le mouvement qui a pris naissance à partir de Hassi Messaoud, où des travailleurs de Sonatrach ont observé une grève de la faim exigeant une hausse des salaires de 50% avec effet rétroactif remontant à l'année 2008.

Certains travailleurs qui se sont confiés à nous ont tenu à faire part d'autres revendications portant sur des problèmes socio-professionnels en suspens. «Nous déplorons l'attitude de la direction de la raffinerie qui a gelé, pour des raisons qu'on ignore, des décisions de la CPF portant sur des promotions ainsi qu'un redéploiement des effectifs où certains postes devaient être comblés depuis belle lurette».

Un autre travailleur est allé plus loin, enfonçant le clou, en affirmant«on ignore pourquoi la direction a carrément shunté la CPF pour procéder à des nominations de travailleurs ne disposant pas des aptitudes requises aux postes qu'elle a pourvus. La direction a en outre procédé au recrutement d'un agent dont les qualification et niveau sont différents des conditions exigées dans l'offre que la raffinerie a transmises à l'ANEM !». D'autres travailleurs expliquent cependant que les revendications salariales de 50% avec effet rétroactif ne sont qu'un leurre puisqu'elles cachent d'autres revendications et n‘ont été avancées que pour drainer le maximum de monde puisque les autres points revendiqués par les travailleurs du Sud sont différents de ceux de la raffinerie dont les travailleurs en grève s'en sont inspirés pour réussir leur coup.

Nous avons tenté de joindre le président de la section syndicale UGTA qui se trouvait en mission à Alger. Nous n'avons pas pu avoir l'avis du directeur de la raffinerie que nous avons tenté de joindre à plusieurs reprises pour connaître son avis sur ce sit-in que les travailleurs promettent de poursuivre jusqu'au 24 février 2012, jour de la fête de la nationalisation des hydrocarbures.
 
LES JEUNES DU QUARTIER PLATEAU MARINE SE DECHAINENT A CAUSE DU RETARD DANS LA DISTRIBUTION DES LOGEMENTS

 

Une violente émeute a éclaté dans l’après midi d’hier au niveau du quartier Plateau de la marine pour protester contre le retard dans la distribution des logements. L’intervention des forces anti-émeutes s’est transformée en un affrontement entre les policiers et des émeutiers armés de pierres et de bâtons pendant plus de trois heures. La situation a été maitrisée par les forces d’intervention ; aucun dégât n’a été signalé ni aucune victime n’est à déplorer. Cependant plusieurs arrestations ont été procédées parmi les meneurs.

Le quartier de « Plateau de la marine », a connu hier mardi 7 février 2012, en fin d’après-midi de graves émeutes, des jeunes, pour la plupart des adolescents, ont bloqué les accès, en barricadant les routes qui mènent au quartier. De loin, on pouvait apercevoir des jeunes lançant des pierres en direction des forces anti-émeutes présentes en force sur place. Les forces de sécurité ne savaient plus où donner de la tête pour faire face aux jeunes manifestants qui se sont scindés en plusieurs groupes. Il y avait aussi les curieux, qui affluaient de toutes parts pour assister à ce spectacle désolant qui semblait durer une éternité du fait de la colère des manifestants qui revendiquaient le droit au logement.

Pour rappel, les jeunes du quartier avaient déjà exprimé leur colère, il y a de cela quelques mois auparavant. A l’époque, il y eut de violentes altercations entre la police et les manifestants, et il avait fallu l’intervention des responsables locaux pour mettre fin à la protesta. Le problème soulevé par les riverains de ce quartier que nous avons croisés sur place est l’éternel problème du logement. Ce problème récurrent a fait déjà l’objet de plusieurs reportages, mettant en lumière la situation précaire de la plupart de ces habitants qui vivent dans des conditions de dénuement total. La plupart de ces habitations sont de vieilles bâtisses « haouchs », datant de l’époque coloniale, et qui représentent un danger pour les familles, à savoir : murs fissurés, plafonds effondrés partiellement, chambres vétustes, taux élevé d’humidité, sans aucune commodité, toilettes collectives dans un état déplorable, escaliers défectueux… Il y a lieu de rappeler à ce propos qu’une fillette de 6 ans a trouvé la mort, il y a quelques années, en chutant des escaliers menant à la terrasse ; un accident dû à l’inexistence de la rampe de protection. Pour se racheter, les responsables de l’époque ont relogé la famille, aussi a-t-il fallu qu’il y est mort pour que les autorités se manifestent. Cependant, il semble que la leçon n’ait pas été retenue par nos responsables malgré cette tragédie.

Il est vrai que certaines familles ont bénéficié d’appartements qu’ils ont revendus ou qu’ils louent au prix fort pour revenir dans ces haouchs afin de postuler pour un autre appartement ! Dans ce contexte, les manifestants s’interrogent sur leur situation qui perdure rejetant la faute sur certains responsables qui selon eux n’arrivent toujours pas à gérer ce secteur très sensible. Il est clair que la politique, appliquée par ces responsables a montré ses limites, alors que d’autres se sont enrichis sur le dos des contribuables du fait de l’impunité dont ils jouissent et ce à tous les niveaux. Il est temps de revoir la politique du logement, pour une meilleure équité entre tous les citoyens au lieu de continuer à favoriser une catégorie, par rapport à une autre.

 

Benyahia A. et Mihoub

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" Printemps des Peuples "

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent
 
Tunisie, Algérie, Egypte, Jordanie, Yémen... L’histoire ne se répète jamais à l’identique, mais elle se répète. Et si trop de facteurs différents la déterminent entre ici et là, entre un siècle et l’autre, rendent unique chacun de ses évènements, tourments, pulsions, sursauts, bouleversements, assez d’éléments, de causes et d’effets se ressemblent, pour que l’on en tire d’utiles leçons. Aussi, pour n’être que lointaine, la parenté entre le Printemps des Peuples en 1848 et les évènements qui, partis de Tunisie, secouent aujourd’hui le monde arabe, n’en est pas moins évidente. Et les enseignements que l’on peut tirer au sud de la Méditerranée de ce qui se passa il y a 163 ans à son septentrion, sont nombreux, le premier à retenir étant que ceux qui animent les peuples ne doivent jamais relâcher l’attention et la pression. Trop facilement en effet, dès quelques satisfactions mineures (alimentaires et culturelles) obtenues, les masses inertes, égoïstes et craintives, galvanisées un instant, refluent, pour laisser aux renards occuper l’espace ouvert par les nouvelles libertés de circulation et d’alimentation dans le « poulailler » national.
 
 Giulio-Enrico Pisani

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